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Acide Désoxyribo Nucléique |
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Écrit par benji
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09-01-2007 |
C'est regardant cette vidéo qui m'a été suggérée par Vanessa (votre partenaire du contenu libertaire) du vidéo-blog " Le monde du dedans - Le monde du dehors " que j'ai remis mes idées sur le sujet ensemble. Par avance, je présente mes excuses à Ély, ma criminologue préférée, pour ne pas être d'accord avec elle sur le sujet même si dans le fond, je reste persuadé que nous ne sommes pas totalement en désaccord.
Donc voilà que nous en somme à 350 000 Français répertorié dans ce
fabuleux outil qu'est le fichier des empreintes ADN. Fabuleux parce
qu'il a un effet quasi immédiat sur les juges et les jurés qui consiste
à impliquer une certitude de culpabilité ou d'innocence selon
utilisation.
Dans ce genre de situation, la première question que je me pose est "
pourquoi me vend-on ça de cette façon ". Et là, la première réponse qui
me vient est que ça doit être parce que c'est bien pratique pour
certains. Je vois bien, pour commencer le fait que, une fois que tu es
dans le fichier, tu réfléchis à deux fois avant de faire une connerie
(du genre violer un gamin de 6 ans) mais cet argument, la plupart des
criminologues se feront un plaisir de vous le faire sauter dans la
mesure ou un sociopathe normalement constitué se fout de la punition de
son crime comme de son premier string.
Ensuite, il y a le côté implacable du procédé vu que nous avons tous
(ou presque) une empreinte ADN absolument unique et qu'elle est
inaltérable en elle-même. On est même capable, aujourd'hui, de
déterminer cette empreinte à partir de mitochondries d'un organisme qui
ont l'avantage de survivre plusieurs années dans un cheveux ou une
cellule de peau alors que l'ADN du noyaux se détériore en moins d'un
mois (je crois) dans la même cellule à température ambiante. Ceci dit
on peut déjà voir là un possible traitement à deux vitesse vu que le
test sur les mitochondries est beaucoup plus coûteux et moins répandu.
Donc si le suspect est président du conseil général d'une région, on
peut imaginer qu'il sera relaxé faute d'examen possible d'un cheveux
retrouvé sur les vêtements d'une adolescente non-consentante alors que
le gars qui aura bombé " fuck the police " sur le mur du ministère de
l'intérieur, on va peut être faire un effort...
Là ou cela me pose plus de problèmes, c'est que, connaissant la
tendance de gens influents à fabriquer des preuves lorsqu'ils en ont
besoin ( des passeports de Musulmans intacts dans les débris fumant d'un
avion dont la température de combustion a suffit à faire fondre la
structure d'un gratte-ciel ) l'ADN devient un outil remarquable pour
s'assurer de la condamnation d'un immigré en garde vue qui ne manquera
pas de laisser traîner quelques cheveux facilement déposables, ensuite
sur les lieux du cambriolage dont il est accusé (à tort ou à raison,
peu importe).
Imaginons maintenant que je sois ministre de l'intérieur et que vous
êtes un salaud de gauchiste qui commence à me souffler dans les
bronches dans les journaux. Je vais alors chez Ikea m'acheter une série
de verre à vin, je vous invite à boire un coup à la maison pour
enterrer la hache de guerre et je m'en vais ensuite rectifier le
portrait de votre maîtresse en prenant bien le soin de laisser le verre
dans lequel vous avez bu chez moi, bien en évidence sur la table basse.
Et ben j'aimerais bien vous voir expliquer au jury que l'ADN c'est des
conneries tout ça. En tout cas, ça vous apprendra à faire publier des
photos de ma meuf dans Paris-Match et il va aussi falloir oublier la
possibilité de se présenter contre moi au présidentielles. Bon ok c'est
un peu extrême comme exemple, mais reconnaissez que c'est carrément
jouable ( mais bon : Carl Bernstein, Bob Woodward, Jim Garrison, ça ne
vous rappelle rien ?).
À l'opposé, on peut aussi évoquer ce médecin qui a échappé à la justice
en s'étant greffé un drain rempli de sang qui n'était pas le sien dans
le bras. La comparaison avec le sperme recueilli sur ses victimes
(qu'il violait dans le cadre de son exercice après les avoir mises sous
sédatif) ne fut pas concluante et il fut donc acquitté.
Sans chercher beaucoup, vous pourrez encore trouver bien des exemples
d'échec de l'utilisation de l'ADN autant pour ce qui d'innocenter des
coupables que de condamner des innocents.
Alors, de là à présenter ça comme le saint Graal de l'identification judiciaire, je m'excuse...
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